dimanche 8 mai 2011

Ne laissons pas Lyon devenir un laboratoire de l’extrême-droite ! Samedi 14 mai à 14h : manifestation départ Place des Terreaux

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Le 14 mai : une marche des cochons anodine ? Non un test pour les fascistes !

Jusqu’à présent, les fascistes ne s’étaient pas sentis assez nombreux et forts pour défiler dans nos rues et propager leur idées nauséabondes. Aujourd’hui, ils organisent leur marche nationale des cochons surfant sur l’islamophobie ambiante. Il s’agit pour eux de « dénoncer la vente de viande halal » qui incarnerait « l’islamisation de la France ». Utilisant « l’humour » en défilant avec des masques de cochons, ils cachent le véritable but de leur action : stigmatiser une partie de la population et diffuser un discours raciste, se compter et provoquer, tel est leur objectif. Pour cela, une alliance entre les Jeunesses Identitaires et les néo-nazis de Gerland a été scellée.

Un contexte national qui décomplexe les idéologies les plus nauséabondes et les violences physiques La politique actuelle du gouvernement désigne des boucs émissaires : chasse aux sans-papiers, organisation de débats racistes (cette fois sur l’islam), nouvelle réduction des droits des étranger-e-s et délit de solidarité (loi Besson). Ceci afin de casser les solidarités et faire taire la contestation contre l’accroissement des inégalités sociales. Les « dérapages » verbaux de membres du gouvernement se succèdent, la droite décomplexée la plus réactionnaire revient aux affaires. Ces discours contaminent à présent l’ensemble du gouvernement et de l’espace public. Le FN profite de sa nouvelle porte-parole pour essayer de se faire passer pour social, alors que son programme ne vise qu’à diviser les classes populaires afin de briser tout mouvement solidaire et d’ampleur en leur sein. Cette « normalisation » du FN et de ses discours entraînent, par rejeu, le développement de groupuscules encore plus violents. Nous en voyons les conséquences directes à Lyon, où les agressions racistes et fascistes se multiplient. Nous devons combattre cette banalisation des discours racistes, antisémites, islamophobes, sexistes et homophobes qui encouragent la haine de l’autre et poussent à la violence.

Deux locaux pour propager la haine

• Un local néo-nazi à Gerland, impasse de l’Asphalte : Dans ce local, sont organisés des concerts, des entraînements au combat, la diffusion de matchs de l’Olympique Lyonnais pour les interdits de stade et autres « activités culturelles ». Lors des concerts, des groupes néo-nazis français et européens sont invités, les saluts nazis fusent, accompagnés de la formule « Sieg, heil ». Grâce à ce local, ils propagent leur idéologie de haine raciale et de violence qu’ils n’hésitent pas à mettre en pratique dans les rues de Lyon.

• La « Traboule » rue du Change à Saint-Jean

Le nouveau lieu de diffusion des idées de l’extrême-droite a ouvert depuis octobre 2010, mais il n’a été officialisé qu’après une grave agression perpétrée par l’extrême droite à proximité de ce local le 9 avril. Il propose, selon ses occupants, « de faire la promotion de l’identité lyonnaise, française et européenne ». Ce local est en réalité un véritable outil au service d’une idéologie haineuse et nauséabonde : bibliothèque, ciné-club, salle de conférence, bar associatif et bien évidemment une salle pour les sports de combat. Tout est réuni pour une véritable propagande des idées racistes et nationalistes développées par ce groupuscule d’extrême-droite en lien avec le Bloc Identitaire.

De nombreuses agressions perpétrées par les groupuscules de l’extrême droite :

A Lyon, depuis un peu plus d’un an, de nombreuses agressions violentes ont eu lieu. Bilan, pour les seules agressions connues et recensées : une jambe cassée, de multiples fractures à la mâchoire, coups de batte de baseball à la tête, coups de cutter…soit 230 jours d’Incapacité Totale de Travail et des séquelles à vie, pour certain-e-s des agressé-e-s.

Une marche qui va à l’encontre des valeurs que nous portons : Nous, militant-e-s, habitant-e-s, organisations de Lyon et de son agglomération qui nous sommes toujours battus pour la défense des droits humains et la solidarité entre tou-te-s, ne supportons plus que nos valeurs soient ainsi bafouées, la laïcité instrumentalisée au service de la stigmatisation de millions de nos concitoyen-ne-s, la xénophobie banalisée dans les propos de ministres et de députés qui prétendent parler en notre nom. Par notre mobilisation, nous entendons faire barrage à l’implantation de l’extrême droite sous toutes ses formes sur Lyon et à la banalisation des idées racistes et réactionnaires. Au delà, nous entendons replacer le débat public sur le combat pour une réelle égalité entre tou-te-s, sur la solidarité, la tolérance et l’entraide. Ces valeurs communes aux mouvements progressistes, loin d’être dépassées comme d’aucuns semblent le prétendre, sont la seule manière d’en finir avec la logique d’exclusion et de division qui fait le lit de l’extrême droite.

Samedi 14 mai à 14h : manifestation départ Place des Terreaux

Pour la fermeture du local néo-nazi de Gerland et du local des identitaires de Saint-Jean. Pour dire stop à l’extrême-droite et à ses agressions physiques. Pour que Lyon ne devienne pas un laboratoire de la haine de l’autre. Pour dire NON à la propagation de la haine et de la violence racistes et xénophobes. Pour dire OUI à l’égalité des droits humains et sociaux pour tous et toutes.

mail : apa69@riseup.net blog : http://collectifvigilance69.over-blog.com/

Signataires : CCRASS, CGA, CGT Vinatier, FSE, Gauche Unitaire, Jeunes Ecologistes, JCML, LDH 8ème, LDH Caluire-Rillieux, MJS, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Parti Socialiste, PIR, Planning Familial, la Rafal, Ras L’Front, Résistance Citoyenne Ouest lyonnais, ROC ML, SUD Éducation, UD CNT, UJFP, UNEF, les Voraces..

article issu du blog "les voraces"

lundi 14 mars 2011

Panorama du Front national et de ses dissidents-concurrents

L'extrême droite française de plus en plus atomisée


Le Front national de Jean-Marie Le Pen incarne depuis près de 30 ans l'extrême droite en France... et en Europe. Actuellement affaibli, il pourrait cependant reprendre de l'aplomb aux prochaines élections régionales françaises, en mars prochain. Crédité aujourd'hui d’un score de 8 à 9 %, le FN y jouera en partie son avenir. Dans son ombre, des dissidents - désormais concurrents - espèrent se faire une place dans le paysage politique français, à l’occasion de l’inévitable recomposition de «la mouvance» lorsque Jean-Marie Le Pen passera la main.

Voici un état des lieux de l'extrême droite française, divisée en trois courants structurels : ceux de la droite nationaliste frontiste, de la droite nationale et identitaire anti-FN et des identitaires régionalistes.

Une radioscopie réalisée par Jean-Yves Camus, avec Manuel Abramowicz.

Pour consulter en détail ce panorama réalisé par RésistanceS.be © RésistanceS.be 02/2010


LES ELECTIONS REGIONALES auront lieu, en France, les 14 et 21 mars prochain. Cette échéance est capitale pour le Front national (FN) de Jean-Marie Le Pen, qui avait obtenu lors du scrutin similaire précédent, en 2004, 156 élus, avec 14,7 % des voix au premier tour et 12,38 % au second tour. Outre qu’elles constituent une base pour le versement par l’Etat de la dotation financière aux partis politiques, et que le FN est depuis 2007 dans une mauvaise passe financière, les élections régionales permettent de mesurer l’audience du parti dans différents contextes locaux, et donnent aux élus la possibilité de faire entendre la voix de leur parti dans les assemblées. Sans compter les moyens matériels que celles-ci mettent à la disposition des groupes politiques constitués en leur sein.

Défait en 2007 et en 2008 par l’UMP et Nicolas Sarkozy, le FN compte sur ce scrutin pour démontrer que ceux des électeurs d’extrême droite qui l’avaient abandonné aux élections présidentielles, pour soutenir l’actuel président français, sont en train de reconsidérer leur choix et de revenir au bercail.

Mais le FN, sur son propre terrain politique, devra encore faire face à des listes concurrentes conduites par des anciens de ses dirigeants passés en dissidence. Cette présence concurrentielle pourra réduire les chances du Front national de se retrouver au second tour des régionales en Basse-Normandie, en Haute-Normandie et dans la région du Centre. D’autre part, ces élections se déroulent alors que la question de la succession de Jean-Marie Le Pen à la présidence du FN entre dans sa dernière phase : Le Pen a indiqué qu’il comptait «passer la main» lors du prochain congrès du mouvement, qui aura lieu entre l’automne 2010 et le printemps 2011, et s’il apparaît acquis que sa fille, Marine Le Pen, lui succèdera, la question est de savoir dans quel état elle récupérera le parti, cofondé en 1972 par son père.

Pour toutes ces raisons, il nous a paru important d’avoir une vision panoramique de la droite nationaliste française au début 2010. Nous avons choisi d’en identifier trois courants structurels, en sachant que les frontières ainsi définies ne sont ni absolues, ni immuables, surtout dans l’optique de l’inévitable recomposition de l’extrême droite française après la retraite politique de Jean-Marie Le Pen.


1er courant : Droite nationaliste frontiste

Ce courant est le plus important et le plus représentatif - au niveau électoral - de l'extrême droite française. Il est conduit par le Front national et les mouvements politiques qui le soutiennent actuellement de l’extérieur.


Front national (FN)
Le FN est mal en point à l'heure actuelle : ses derniers échecs électoraux l'ont conduit à une crise financière qui le fragilise de façon importante sur le plan de son organisation et de sa présence dans le paysage politique. Depuis l'élection présidentielle de 2007, les zizanies en interne se sont multipliées. L'annonce du départ à la retraite de son président-fondateur et leader charismatique, Jean-Marie Le Pen, est également à la source de ses dysfonctionnements et de sa faiblesse actuelle. Deux courants internes se disputent le leadership du parti :

- celui conduit par sa vice-présidente Marine Le Pen, que l'on peut qualifier de «courant moderniste».
- et celui de Bruno Gollnisch, son autre vice-président, que l'on identifiera comme étant le «courant conservateur».

Pour l'heure, les tensions entre frontistes sont mises entre parenthèses., le temps des élections régionales. Qui pourraient être favorables au FN. Dans un sondage, réalisé par TNS-Sofres/Logica pour Le Monde, France 2, France 3 et France Inter, le parti lepéniste est crédité de 8,5 % des voix. La formation frontiste présente des listes dans toutes les régions métropolitaines.


Convergences nationales (CN)
L'objectif affiché de ce cercle politique est le «rassemblement et le renouveau de la droite nationale», aujourd'hui autour du Front national. Il a été réactivé, en octobre 2008, par une dizaine de membres dissidents et exclus du Bureau national du Mouvement national républicain (MNR), la scission frontiste de 1999. CN est conduit par Nicolas Bay, le jeune secrétaire général du MNR jusqu'à son exclusion de celui-ci, en septembre 2008. Pour les prochaines régionales, Nicolas Bay conduira la liste du Front national en Haute-Normandie. Le président de Convergences nationales est proche du courant frontiste mené par Marine Le Pen. CN est constitué de 13 comités locaux et aurait plus de 700 affiliés.


Nicolas Bay, tête de liste du Front national aujourd'hui (affiche de gauche) était l'un des chefs de file aux élections régionales de 2004 du Mouvement national républicain, dissidence frontiste apparue en 1999 (affiche de droite) – Doc. Archives RésistanceS.be


Parti populiste (PP)
Formation politique groupusculaire fondée en 2005 par des membres dissidents de la direction du MNR. La plupart d'entre eux provenaient auparavant du FN et avaient participé en 1998 à la création du Mouvement national républicain. Le PP apporte désormais son soutien politique au Front national. Lors des élections municipales de 2008, dans certaines communes, le Parti populiste s'était déjà présenté sur des «listes de rassemblement» avec le FN. Le directeur de campagne de Jean-Marie Le Pen pour le scrutin régional de 2010, Frédéric Bocccaletti, vient du Parti populiste. Le PP est proche du courant frontiste de Bruno Gollnisch.


L'Œuvre française (OF) / «Jeune Nation»
Ce mouvement est présidé par Pierre Sidos, depuis sa fondation en 1968. Son dirigeant à Lyon, Yvan Benedetti, est vice-président de la Fédération du Rhône du FN et l'un de ses conseillers municipaux, à Vénissieux. Il publie le journal «Jeune Nation». Orientation : néofasciste. L'OF est issue du nationalisme français, maurrassien et national-catholique... Elle est très proche de Bruno Gollnisch. Ce dernier participe à ses manifestations, tout comme le négationniste Vincent Reynouard et le cercle des Amis de Léon Degrelle.


Réseau France nationaliste / Front nationaliste
Petit réseau de liaison de nationalistes français purs et durs, il a adhéré à l'occasion de la Présidentielle de 2007 à l’«Union des patriotes» pour soutenir la candidature de Jean-Marie Le Pen. Il est conduit par Thierry Maillard (ex-Œuvre française, MNR et Unité radicale), actuellement responsable du Front national à Reims. Comme l’OF (dont Maillard fut un des dirigeants durant plusieurs années), le réseau France nationaliste / Front nationaliste prend pour modèles politiques plusieurs dirigeants et mouvements historiques de l'extrême droite française, comme le Francisme de Marcel Bucard et Robert Brasillach, par exemple.



Le Front national rassemble toujours les radicaux de l'extrême droite, comme Thierry Maillard, dirigeant frontiste local et du réseau France nationaliste, petit mouvement adepte de la croix celtique néofasciste (affiche de droite)– Doc. Archives RésistanceS.be


Voxnr - Les Nôtres (ex-Réseau radical)
Cette association est dirigée par Christian Bouchet. Elle regroupe les radicaux venant du mouvement Unité radicale (1998-2002). Bouchet figure en deuxième position sur la liste du Front national aux régionales dans son département de Loire-Atlantique. Il est directement lié au courant frontiste de Marine Le Pen. Orientation : nationaliste-révolutionnaire.

Ligue nationaliste
Son nom officiel : Ligue nationaliste patriote, française, régionaliste, catholique. Fondée en 1984, elle n'est implantée que dans le Calvados. Malgré des soutiens locaux et une médiatisation de ses actions dans le quotidien régional, cette ligue reste groupusculaire. Elle est proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, des intégristes lefebvristes opposés aux orientations religieuses de l'Église catholique depuis Vatican II. A plusieurs reprises, cette ligue d'extrême droite s'est présentée aux élections. L'insuccès fut à chaque fois aux rendez-vous, avec des scores oscillant entre 0,01 % et 0,12 %. Dans «Rivarol», hebdomadaire pro-«révisionniste» et pilier médiatique de la droite nationaliste plurielle, à la veille des élections régionales 2010, la Ligue nationaliste a lancé un appel à voter pour le Front national de Jean-Marie Le Pen. Plusieurs de ses membres figurent sur des listes électorales du FN. C'est le cas de Guy Guerrin (°1935), son président-fondateur, présent en dix-huitième place sur la liste frontiste déposée dans le Calvados.


Médias pro-FN
Il existe un média faisant la liaison entre les composantes de cette mouvance qui soutient officiellement le Front national : «Nations Presse Info». Son responsable est Jacques Vassieux, secrétaire départemental du Front national en Savoie et sa tête de liste dans ce département pour les élections régionales de 2010. La version papier de ce média, «Nations Presse Magazine», a été lancée en décembre 2009 (n°0).

Les groupes et individualités soutenant Bruno Gollnisch font écho de leurs activités dans l’hebdomadaire «Rivarol» ,focalisé plus encore qu’auparavant (si tant est que cela soit possible !) sur ce qui concerne les juifs et Israël et de plus en plus «fossilisé» dans la défense et l’illustration des courants les plus passéistes, négationnistes compris.



2e courant : Droite nationale et identitaire anti-FN



Ce courant est constitué par des partis et mouvements qui sont presque tous des anciennes scissions du FN, dirigées par d'anciens responsables frontistes et qui s’en distinguent sur des points souvent mineurs, ainsi que par des contentieux personnels avec Jean-Marie Le Pen. Ils se réclament d’une démarche de «rénovation» ou de «refondation» qui laisse ouverte, une fois Le Pen parti en retraite politique, la possibilité de recompositions, selon eux.


Parti de la France (PDF)
Le PDF a officiellement été fondé en février 2009 autour de Carl Lang, député européen et ex-vice-président du Front national qui en fut exclu en 2008 pour avoir remis en cause sa stratégie politique visant à installer Marine Le Pen à la présidence du parti. La direction du Parti de la France rassemble des dirigeants historiques, d'ex-responsables locaux et des conseillers régionaux du FN qui l'avaient quitté ou en furent exclus durant l'année 2008 et 2009 : Fernand Le Rachinel (député européen, principal bailleur de fonds frontiste, il est également membre de la direction du Mouvement normand), Bernard Antony (dirigeant des nationaux-catholiques ex-FN), Martine Lehideux (fondatrice en 1985 du Cercle national des femmes d'Europe, structure féminine frontiste, conseillère régionale siégeant depuis janvier 2009 sous la bannière du Groupe des nationaux et indépendants au Conseil Régional de l'Ile de France), Martial Bild (ancien directeur national du Front national de la jeunesse), Pierre Descaves (président de France Résistance et du groupe Patrie et Liberté au Conseil régional de Picardie), Jean Verdon (dirigeant du groupe France Nouvelle au Conseil régional de la région du Centre), Bernard Touchagues (président du groupe des Nationaux pour l'Identité normande au Conseil régional de Haute-Normandie )... Le Parti de la France sera aussi rallié par des transfuges ne provenant pas directement de l'extrême droite, comme Emmanuel Delhoume, alors secrétaire national à la culture du Parti chrétien démocrate (anciennement Forum des républicains sociaux) de Christine Boutin, exclu par celle-ci pour avoir refusé l'«inféodation» de cette petite formation à l'UMP sarkozyste. Juste avant son arrivée au PDF, Delhoume était brièvement passé par le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers.

A l'occasion des régionales de 2010, le président du PDF, Carl Lang, a délaissé la région du Nord pour revenir dans sa Normandie d'origine. Son parti possède pour particularité de comprendre une importante aile catholique traditionaliste du fait de la présence en son sein de Bernard Antony (dirigeant de Chrétienté-Solidarité, du Centre Henri et André Charlier et de l'Agrif), de Michel Hubault (vice-président du Centre Charlier de 1998 à 2002, délégué de l'Agrif dans la région Centre) et d'autres nationaux-catholiques, d’où notamment une position clairement «pro-vie» et l’accusation, formulée à l’ultra droite, de prosionisme (à leur sujet, lire dans notre dossier notre article : «Pas de courants pour les nationaux-catholiques ?»). Pour les élections régionales, le PDF a conclu des alliances électorales avec la Nouvelle droite populaire (NDP), le Mouvement national républicain (MNR) et d'autres adversaires nationalistes et identitaires du parti de Jean-Marie Le Pen. Avec ses alliés, il présente des listes en Haute et Basse-Normandie, dans le Centre, en Lorraine, en Picardie et en Franche-Comté. Sa première expérience électorale, au scrutin européen de l'année passée, s'était soldée par un cuisant échec. Dans la région du Nord-Pas de Calais, sa liste conduite par Carl Lang en personne avait récolté à peine un peu plus de un pourcent. Celle du FN, tirée par Marine Le Pen, avoisinait les 11 %. En mars, le Parti de la France devrait logiquement être définitivement marginalisé aux régionales en perdant ses mandataires actuels, élus en 2004 sous l’étiquette du Front national.



Les leaders du Vlaams Belang (VB) Filip Dewinter, à la tribune d'un meeting de la Nouvelle droite populaire, en novembre 2008 (photo de gauche), et Franck Vanhecke, lors du congrès de fondation du Parti de la France, en novembre 2009. Le parti d'extrême droite flamand de Belgique était auparavant l'allié du Front national de Jean-Marie Le Pen. Désormais, le VB apporte son soutien à ses dissidents – Doc. Archives RésistanceS.be


Nouvelle droite populaire (NDP) / «Synthèse nationale»
Le délégué général de ce mouvement politique est Robert Spieler, ancien député du Front national et fondateur en 1989 du mouvement régionaliste Alsace d'abord. La Nouvelle droite populaire a été créée en juin 2008. Elle se définit comme étant «la force de rassemblement de la droite nationale et identitaire». Elle se distingue du FN par sa focalisation contre l’Islam, sa défense des identités régionales et sa volonté de «construction d’une Europe politique indépendante et puissante, fidèle à ses racines helléniques, celtiques et chrétiennes». Aux prochaines régionales, la NDP y sera présente via des listes communes scellées avec le Parti de la France et le MNR, notamment sous l’intitulé «Non aux minarets». Pierre Vial, le dirigeant fondateur de Terre & Peuple (voir plus loin), est membre de la direction de la NDP.

A la base de ce mouvement national et identitaire, se trouve «Synthèse nationale». Apparue en 2006, cette publication est depuis réalisée par des dirigeants de la NDP. Son rédacteur en chef est Roland Hélie. Membres de longue date de l'extrême droite, Hélie et d'autres responsables de la NDP sont passés, à plusieurs reprises, au Front national lépeniste, mais également par deux de ses dissidences, le Parti des forces nouvelles (PFN) et les comités Espace nouveau (transformés ensuite en Mouvement d'initiatives nationales puis en Alliance populaire et pour finir en Parti national républicain). Ils sont encore connus pour leur nostalgie d'Ordre nouveau, le mouvement fondateur en 1972 du Front national.


Mouvement national républicain (MNR)
Désormais dirigé par Annick Martin, la micro-formation fondée en 1999 par Bruno Mégret (qui s'est officiellement mis en réserve de la politique en 2008) est en fin de vie et devrait perdre tous ses élus régionaux. Si le MNR soutient une alliance électorale avec les autres dissidences frontistes, plusieurs de ses anciens responsables et dirigeants-fondateurs ont depuis lors rejoint la mouvance du Front national. Il s'agit essentiellement des membres du cercle Convergences nationales de Nicolas Bay, ex-secrétaire général du MNR.


Terre et Peuple (T&P)
Ce mouvement de «résistance identitaire européenne», depuis sa fondation en 1994, continue fidèlement son combat sur sa ligne «völkisch», donc païenne, nationale-européenne et racialiste, en publiant une revue du même nom. T&P est constitué de plusieurs bannières actives dans plusieurs régions de France, mais aussi en Belgique, en Espagne et au Portugal. Ce mouvement racialiste est encore lié à «Réfléchir & Agir», une publication défendant les principes du racisme biologique, jadis théorisé par le Nouvel ordre européen (NOE), un mouvement international néonazi. Le dirigeant-fondateur de Terre & Peuple, Pierre Vial, est un ancien cadre du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), et fut responsable lyonnais du Front national et cofondateur en 1999 du MNR de Bruno Mégret. Le mouvement T&P a appelé ses militants à voter aux élections européennes de juin 2009 pour le Parti de la France de Carl Lang. Pierre Vial siège également, depuis avril 2009, à la direction de la Nouvelle droite populaire.


Maison de la Vie et des Libertés (MVL)
Mouvement politique mis sur pied en 2008 par Jean-Claude Martinez, professeur agrégé de droit et alors député européen du Front national. Venant du Rassemblement pour la République (RPR), Martinez adhère en 1985 au FN. Très vite, il grimpe ses échelons : député national de 1986 à 1988, député européen de 1989 à 2009, conseiller régional du Languedoc-Roussillon, «ministre de l'économie et des finances» dans son shadow cabinet (gouvernement fantôme) et vice-président du parti. S'opposant ouvertement à Jean-Marie Le Pen, il plaide pour la création d'un nouveau mouvement politique, le «Front alternational». En novembre 2008, Martinez est suspendu du FN. Il rejoint alors d'autres opposants internes conduits par les députés européens Carl Lang et Fernand Le Rachidel. La Maison de la Vie et des Libertés rallie, dès sa création en 2009, le Parti de la France. Avec lui, la MVL se présente aux élections régionales, sous l'intitulée «La Région, la France, la Vie». En juin 2009, le PDF et la MVL avaient déjà tenté ensemble une première expérience électorale en Languedoc-Roussillon, à l'occasion des élections européennes, avec la liste «L'Europe de la vie». C'est Jean-Claude Martinez, eurodéputé sortant, qui en était la tête de liste. Son résultat fut catastrophique : 0,92 %, contre près de 6 % pour la liste du Front national.


France Résistance
Cette association confidentielle a pour but de «réveiller les consciences sur les dangers qui menacent la société française». France Résistance est directement liée au Conseil national de résistance à l'oppression (CNRO) et à Démocratie directe France (DDF), d'obscures structures très peu présentes sur le terrain politique. Son dirigeant-fondateur est Pierre Descaves (°1924). Activiste de l'Organisation armée secrète (OAS) lors de la guerre d'Algérie, il a pris sa carte au Front national en 1984 et deviendra un des membres de sa direction nationale. Aux élections régionales de 2004, il est réélu au Conseil régional de Picardie sur la liste frontiste. En mars 2009, pour avoir soutenu Carl Lang, Descaves est exclu du FN, avec trois autres conseillers régionaux frontistes picards. Ensemble, ils fondent le groupe régional Patrie et Liberté et adhèrent au Parti de la France. Pierre Descaves est depuis membre du bureau politique de ce dernier.


Front Comtois (ex-Jeunesses identitaires de Franche-Comté)
De création récente (juin 2009), ce mouvement de jeunesse régionaliste se présente comme étant le regroupement des «identitaires de Franche-Comté». Il se proclame «antimondialiste, écologiste, franchement social et solidaire». Ses slogans sont notamment : «Identité - Écologie - Justice sociale» et «Islam : hors d'Europe !». Le Front Comtois utilise comme sigle de ralliement les bâtons noués bourguignons... emblème jadis du Mouvement rexiste de Léon Degrelle. Le responsable du Front Comtois est Paul-Arnaud Croissant, un ancien membre du FN. Il conduit la liste départementale «Ligue Comtoise, NON aux minarets !», dans le Territoire de Belfort, aux régionales de 2010. Liste déposée en alliance électorale avec le PDF, le MNR et la NDP. Le Front Comtois est issu des Jeunesses identitaires, l'ex-organisation des jeunes du Bloc identitaire.



3e courant : Identitaire régionaliste


Comme le précédent courant, celui-ci rassemble également des dissidents, des concurrents et d'autres adversaires du Front national lepéniste. Ce courant se dynamise depuis juin 2007 autour du Bloc identitaire et du mouvement régionaliste Alsace d'abord.


Bloc Identitaire (BI)
La Convention identitaire, tenue à Orange en octobre 2009, a vu la naissance du Bloc Identitaire en tant que parti politique, présidé par Fabrice Robert (ex-Troisième voie, Front national, Unité radicale et «frontman» du groupe rock identitaire français «Fraction Hexagone»). Fondé en 2003, le Bloc identitaire participera aux régionales en Alsace, en Languedoc-Roussillon et en Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA), sous les intitulés Alsace d'abord, la Ligue du Midi et la Ligue du Sud. Dans l’optique du BI, les régionales ne sont qu’une étape d’un travail de longue haleine qui se poursuivra aux élections cantonales, en particulier en PACA mais d’ores et déjà, la liste Ligue du Sud détient en partie la clé de la présence ou de l’absence du FN au second tour.

Le projet identitaire est populiste et inspiré par la Liga Veneta/Lega nord, important parti populiste et indépendantiste actif en Italie du nord. Le Bloc s’oppose à l’immigration (il considère l’assimilation comme impossible) et voit l’Islam comme incompatible avec la civilisation européenne. Il promeut une optique ethnodifférentialiste, axée sur les identités régionales «enracinées», donc anti-jacobine et prend en compte le catholicisme comme un élément fondateur de l’identité française. Le Bloc se différentie également du reste des mouvements droitistes par son abandon de l’antisionisme et de l’antisémitisme.

Dans la mouvance du Bloc identitaire, se trouvent des groupes régionaux de «jeunes identitaires»: Nissa Rebella (à Nice), Projet Apache (à Paris), Recounquista (en Provence), Nostra revolta (dans le Languedoc), Rebeyne ! (à Lyon), la Vague normande, Jeune Bretagne... Il existe également des structures spécifiques liées au BI : Une Autre jeunesse (ex-Jeunesses identitaires), qui fédère l'ensemble des groupes de «jeunes identitaires», Solidarité Kosovo, Solidarité des Français (SdF), Alternative-s (structure musicale de promotion notamment du rock identitaire français)... Le Bloc identitaire contrôle encore le portail français de Novopress.info.

Ligue du Midi, déclinaison du Bloc Identitaire


Des «Identitaires» lors d'une manifestation à Nice en 2009.


Mise sur pied en vue des élections régionales de mars 2010 en Languedoc-Roussillon, la Ligue du Midi se présente comme étant un «large rassemblement identitaire, patriote et citoyen». Son dirigeant et tête de liste, Richard Roudier, qui s’est présenté dans la presse locale comme un nouveau venu en politique, aurait fait ses premières armes chez les régionalistes occitans de droite, les groupes Jeune Languedoc et Pobl d’Oc dans les années 1970.

«Nations Presse Info» (NPI), média du Front national lepéniste, a rappelé en décembre dernier, que Richard Roudier avait encore appartenu, au début des années 2000, sous le pseudonyme de Jorgi Roumégas, à la direction d'Unité radicale, le mouvement «nationaliste-révolutionnaire» dont est issu le Bloc identitaire. Jusqu'il y a peu, il présidait toujours le Comité d'entraide aux prisonniers européens (CEPE), fondé dans la «mouvance identitaire». En octobre 2009, lors de la «convention identitaire» d'Orange, le CEPE disposait d’un stand où étaient vendues, rapporte NPI, des «cartes postales souvenir à l’effigie de ''prisonniers européens'' tels que le régent hongrois pro-nazi Miklos Horthy, Philippe Pétain, Saint-Loup (ex-responsable de la publication Devenir, organe officiel de la Waffen-SS française) ou encore Robert Brasillach» (collaborateur pronazi français durant la Seconde Guerre mondiale). Roudier a quitté la direction du CEPE juste après la convention d'Orange – durant laquelle le Bloc identitaire se transforma en parti politique - et quelques temps avant les élections régionales de 2010. Certainement dans l'objectif que l'on ne mélange pas les torchons et les serviettes...

[M.AZ]

Alsace d’abord (ADA)
Ce «mouvement régionaliste alsacien» regroupe depuis sa création en 1989 des dissidents et des adversaires locaux du Front national. Le fondateur d’Alsace d’abord, Robert Spieler, l'a quitté en 2008 pour participer à la création de la Nouvelle droite populaire, mouvement politique hostile et concurrent du «courant identitaire régionaliste». Alsace d’abord est l'un des principaux piliers de ce dernier, avec le Bloc identitaire. Ce mouvement sera présent aux régionales de mars 2010, avec pour tête de liste, Jacques Cordonnier, son président.


Ligue du Sud – Liste de Jacques Bompard
Nom de la liste électorale de tendance identitaire qui a été déposée en région PACA pour les élections régionales de mars prochain. Sa tête de liste est Jacques Bompard. Maire d’Orange depuis 1995, il y avait été élu sur la liste du Front national. Il quitta ce dernier et rejoindra ensuite le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers. Le 28 janvier de cette année, Bompard a démissionné du MPF. C'est dans la commune de Bompard que s'est tenue la Convention identitaire, en octobre 2009. Liée au Bloc identitaire, la Ligue du Sud a pour slogan «Identité, efficacité, sécurité». Elle est créditée actuellement de 3 %.


Fondation Polémia
Ce cercle de réflexion idéologique et stratégique a été fondé en 2003 par Jean-Yves Le Gallou. Venant du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), cofondateur ensuite du Club de l'Horloge (Nouvelle droite nationale-libérale), Le Gallou a aussi été député européen du Front national, puis membre de la direction du Mouvement national républicain. Au nom de la Fondation Polémia, il a participé à la Convention identitaire d'octobre 2009.


L'un des thèmes principaux pour les élections régionales 2010 pour tous les courants structurels de l'extrême droite française : la lutte contre l'Islam, à l'exemple du référendum suisse contre les minarets (affiche en haut à gauche) – Doc. Archives RésistanceS.be


Les «inter-courants»

Vivant leur vie groupusculaire, divers autres mouvements peuvent encore ponctuellement entreprendre des actions communes avec des composantes des courants structurels décrits ci-dessus. Comme «l’avenir n’est écrit nulle part», l’inévitable recomposition du paysage de la droite nationaliste et radicale verra s’opérer des reclassements et des alliances.

Dans l'ombre du Front national et de ses principaux concurrents, de minuscules formations politiques sont présentes, comme le Parti nationaliste français (PNF), le Parti national radical (PNR) et le Parti solidaire français (PSF). Le PNF a été fondé en 1983 par des dissidents de la direction de l'époque du FN. Actuellement en hibernation, l'équipe du Parti nationaliste français s'efforce toujours en 2010 de publier régulièrement «Militant». Existant depuis 1967, «Militant» est l'un des journaux historiques de l'extrême droite de France. Il fut l'organe du Front national de Le Pen lorsque son équipe de rédaction militait une première fois dans ce parti, entre 1972 et 1981. Le PNR a été lui mis sur pied, en 2001 à Versailles, par des exclus du FN. Son journal, «Le National radical», est distribué en kiosques, bien qu’il ait à plusieurs reprises publié et proposé à la vente, «les Protocoles des sages de Sion», ouvrage antisémite interdit en France. Le PSF a été quant à lui fondé en janvier 2009, pour succéder au groupe Droite socialiste (DS, créé deux ans plutôt). Le fondateur du PSF est un jeune militant, Thomas Werlet, né en 1983. Adepte du folklore néofasciste, le Parti solidaire français vient d’ouvrir un siège ayant pignon sur rue au centre de Paris. Il est ou a été proche du Mouvement des damnés de l'impérialisme et d'Égalité & Réconciliation d'Alain Soral (voir ci-dessous dans la rubrique les «hors-courants»). Aux dernières élections européennes, le PSF appela à voter pour la «Liste antisioniste» menée par l'humoriste et politicien Dieudonné. L'un de ses responsables, Emmanuelle Grilly (transfuge du Renouveau français), figurait d'ailleurs parmi les candidats de cette liste. Le PNF, le PNR et le PSF sont caractérisés par leur antisémitisme à peine camouflé.

Groupusculaires certes, cependant ils ne sont pas pour autant marginalisés dans l'extrême droite française. En novembre dernier, Thomas Werlet pour le PSF et André Gandillon, le rédacteur en chef de l'organe de presse du PNF, se trouvaient à la tribune du meeting annuel de «Synthèse nationale», la revue de la Nouvelle droite populaire, principal pilier du courant de la droite nationale et identitaire, aujourd'hui en alliance électorale pour les régionales avec le Parti de la France de Carl Lang. Quelques jours plus tard, le même Gandillon prenait la parole au «XIIIe forum de la Nation», organisé par «Jeune Nation», journal dirigé par Yvan Benedetti, le numéro deux de l'Œuvre française qui est également membre de la direction du Front national dans de la région lyonnaise. Avec André Gandillon, les autres orateurs étaient : Pierre Vial, président de Terre & Peuple et membre de la direction de la Nouvelle droite populaire, Bruno Gollnisch, député européen et vice-président du FN, Pierre Sidos, président-fondateur de l'Œuvre française, Jérôme Bourbon, journaliste vedette de «Rivarol»... Ex-meneur du Front national dans la ville de Bondy (Seine-Saint-Denis), André Gandillon y siégea encore au conseil municipal jusqu'en 2008.

Au sein de la mouvance de la droite radicale, un mouvement fait de plus en plus parler de lui : le Renouveau français (RF). Proche de l'Œuvre française, RF rassemble de nombreux jeunes nationalistes purs et durs, s'entrainant au combat politique lors de camps militants. Ils portent un uniforme paramilitaire et partent en Espagne célébrer le souvenir de son passé phalangiste. Le Renouveau français est un des mouvements de jeunesse d'extrême droite le plus dynamique et le plus fréquenté actuellement.

Au cœur de la droite nationaliste, identitaire et radicale, les nationaux-catholiques restent quant à eux représentés par les traditionalistes (des comités Chrétienté-Solidarité, du Centre Charlier, de l'Agrif...) et par les intégristes lefebvristes (de l'institut Civitas, le bras politique de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X). Pour leur part, les royalistes militent toujours à l'Action française.

Avec cette mouvance organisationnelle, la «presse nationaliste» reste vaste. Citons, pèle-mêle : «Rivarol», «Le Choc du Mois», «Minute», «Lectures françaises», «Réfléchir & Agir», «Présent», «Monde & Vie», «Faits & Documents», «Flash»...

Pour compléter le panorama des organisations et autres structures de la catégorie «inter-courants», évoquons encore : le Cercle Franco-Hispanique, l'Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP), Génération FA8, les Intransigeants, les éditions du Trident, Avatar-éditions, les Nationalistes autonomes... Ces derniers sont apparus récemment à Paris et s’expriment sur le site Internet Zentropa. Ces Nationalistes autonomes représentent un petit noyau d'activistes proches des thèses d'actions directes de l'extrême droite. Ils prennent pour modèle les «autonomes» néonazis d'autres pays qui adoptent la stratégie des «Blacks Blocs». Contrairement à ce qui se déroule à l'heure actuelle en Allemagne et dans des pays de l'Est européen, les autonomes d'extrême droite sont ultra minoritaires en France, comme en Belgique d'ailleurs.



Les «hors-courants»


Jean-Marie Le Pen et l'humoriste-politicien Dieudonné lors de l'une de leur «rencontre amicale»...


Une série de petits mouvements gravitent encore dans la galaxie nationaliste de France, mais sont «hors-courants» ou ont quitté l'un d'entre eux. Parmi ceux-ci, il y a Égalité & Réconciliation (E&R), le mouvement dirigé par Alain Soral et Marc George, deux membres éphémères du Front national, dont le slogan est «Gauche du travail, droite des valeurs». Après son alliance avortée en 2009 avec le FN, E&R compte encore dans sa base militante des personnes venant de l'extrême droite. En juin dernier, ce mouvement qui se revendique de la filiation nationaliste-révolutionnaire participa à la Liste antisioniste déposée pour les élections européennes et conduite par Dieudonné, avec le Parti antisioniste, des ex-gauchistes, des écologistes radicaux et des transfuges d'extrême droite. E&R préconise une synergie avec l’islam politique radical et la transversalité des alliances antisionistes. En date du 15 février, le torchon brûlait entre Soral et Marc George, le premier voulant que son groupe reste un «think-tank», le second proposant la création d’un mouvement politique inspiré par «la Ve Internationale proposée par Chavez, dans l’hypothèse notamment où un contexte révolutionnaire surviendrait». Alain Soral est encore connu pour son admiration pour François Duprat, théoricien d'extrême droite, dirigeant des nationalistes-révolutionnaires et numéro deux du Front national assassiné en 1978 dans un attentat à la bombe (sur Duprat ).

Dans cette mouvance, on retrouve aussi le Mouvement des damnés de l'impérialisme (MDI) de Kémi Seba, désormais revenu à l’Islam. Le MDI préconise une politique ethno-différentialiste, soit un apartheid planétaire, comme en témoigne un de ses slogans : «L'Europe aux Européens, l'Afrique aux Africains». Des membres de l'extrême droite «blanche» ont adhéré à ce mouvement racialiste d'origine africaniste.

Dans notre tour d'horizon, il faut encore signaler la présence, à Toulouse (son fief) et dans d'autres villes, de l'OSRE... l'Organisation socialiste révolutionnaire européenne, l'un des derniers représentants en France du «courant national-bolchévique» ! L'OSRE bénéficie de la sympathie du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE). A son opposé, il existe l'Alliance pour les libertés (APL). Apparu tout récemment, ce «pôle patriote, républicain et occidentaliste» (sic), ouvertement pro-israélien, est présidé par Jean-François Touzé. Cofondateur en 2008 de la Nouvelle droite populaire, exclu de celle-ci, il fonda la Nouvelle droite républicaine puis l'APL. En 2004, Jean-François Touzé avait été élu, sur la liste du Front national, au Conseil régional d'Ile-de-France. En 1989, il avait déjà mené une dissidence frontiste qui agira sous le nom des comités Espace nouveau, transformés ensuite en Mouvement d'initiatives nationales, en Alliance populaire puis en Parti national républicain, avant de revenir au Front national...


Jean-Marie Le Pen lors de la campagne électorale pour la Présidentielle de 2007 © Photo Manuel Abramowicz


Épisode de son déclin ou de sa renaissance
Dans l'infographie réalisée par RésistanceS.be pour cette enquête (la revoir en haut de cette page), plus de trente partis, organisations et mouvements composent le paysage politique d'extrême droite, nationaliste et identitaire en France. Pour beaucoup, il s'agit de scissions frontistes ou de dissidences de dissidences ! Concurrences, coups bas, trahisons, aller/retour, abandons, recompositions... sont les maux qui les animent. Les néofascistes, les nationalistes, les nationaux-populaires, les nationaux-catholiques, les monarchistes radicaux, les identitaires, les régionalistes d'extrême droite... ne sont pas près de s'unir dans un seul front.

Comme nous l'aurons remarqué, la scène nationaliste est de plus en plus bigarrée. Hier incarnée par le seul Front national de Jean-Marie Le Pen, en 2010, la droite nationaliste française a désormais plusieurs représentants. Certes, le FN lepéniste en détient encore le leadership. Mais pour combien de temps encore ? Les élections régionales de mars seront un des nouveaux épisodes de son déclin actuel ou de sa possible renaissance.

Jean-Yves Camus et Manuel Abramowicz

© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 19 février 2010.

mardi 22 février 2011

Pas de local néo-nazis à Lyon ! Rassemblement contre le Bunker Korps Lyon le 23 février, Nettoyons nos rues !


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Cela fait plusieurs mois qu’un local, dit « culturel », permettant la propagation d’une propagande racialiste, ultra-autoritaire, fasciste, suprémaciste blanc et glorifiant l’histoire du IIIeme Reich, est ouverte et a pignon sur rue à Lyon. Le « Bunker Korps Lyon / Lyon Dissident », au fond de l’impasse de l’Asphalte dans le 7eme arrondissement (impasse perpendiculaire à la rue de Gerland, au numéro 22).

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com’ de l’asso

Les individus animant ce local mettent en avant des convictions patriotiques, voir nationalistes tout en se défendant d’être assimilables à l’extrême-droite comme ils l’avancent sur leur blog. Par ce communiqué, qui les lie par ailleurs à deux autres locaux plus qu’ambigus en France : le Local à Paris, de la figure du fascisme violent Serge AYOUB , ainsi que la Vlaams Huis (Maison Flamande), local identitaire à Lille.

Un local pour propager leur idéologie nazi au sein de la jeunesse, en l’attirant pour la récupérer en leur proposant divers ativités. Entre autre, l’organisation de concerts et de soirées « d’avant-match » précédent les matchs de l’OL à domicile, Les groupes invités à jouer représentent la fine fleur de la scène « RAC » (Rock Against Communism), aux paroles enivrantes pour toutes personnes prêtes à mourir pour l’honneur de la nation ou tuer pour la pureté de la race. Ils proposent aussi des projections des match de l’Olmpique Lyonnais pour les IDS (hooligans interdit de stade), entrainements de freefight pour le combat, des repas, des anniversaires, des évènements pour récolter de l’argent (kermesse) ou des ventes de vêtements affichant des symboles ultra violent, pro-nazi… (les affiches sont sur leur blog).

Pour autant leur activité favorite reste le salut nazi accompagné de la formule « Heil Hitler » (voir la fin de cette vidéo pris lors d’un concert du groupe match retour en avril 2010) voir ici


I.S.D.o9 Lyon Frankreich - MyVideo

Ce local est loué et géré par l’association ROCK’N’GONES, qui utilise comme façade publique, pour les affiches et les communiqués, le nom de LYON-DISSIDENT. Déjà connu pour avoir tenté d’organiser un concert néo-nazi au Lyon’s Hall (salle de concert de Vaise, dans le 9eme arrondissement), le 15 novembre 2008, annulé grâce à une campagne d’information publique ( voir ici )

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Blood and Honour/Combat 18

Derrière cette association se cache une organisation néo-nazi aux ramifications internationales nommée le Blood and Honour, qui localement se nomme le Blood and Honour Lugdunum. Créée dans les années 80 en Angleterre, cette association a pour but de promouvoir l’idéologie néo-nazi à travers la musique, des films, des activités culturelles ou des vêtements ( voir ici ). Connu pour ces actes de violence envers les personnes d’origines étrangères, et les militant-e-s politique adverses, ou pour l’organisation de nombreux attentats terroristes, à travers sa branche armée : le Combat 18 (1 = A pour Adolf - 8= H pour Hitler - position des lettres de l’alphabet numérotées = 18 pour Adolf Hitler) ( voir ici ).

Cette association est présidée par Renaud MANNHEIM, connu des service de police pour des antécédents judiciaires semblables, comme l’organisation d’un concert néo-nazis dans la campagne à 45km de Lyon en octobre 2009, affaire bien médiatisée. Lui même chanteur du groupe "identitaire" lyonnais match retour. Le trésorier de l’association n’est pas en reste, hooligan connu par la police pour ses actes de violence, José MAGALHAES avait agressé, en groupe, deux personnes d’origine étrangère à Lyon en juillet 2005.

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1ere photo : membre de Rock’n’gones avec José Magalhaes et Rennaud Mannheim /2eme photo : membre de match re tour avec "Joebar" et Rennaud

Nous retrouvons d’ailleurs plusieurs membres de cette association dans différentes actions de terrain mené par les fascistes lyonnais ces derniers temps. Comme lors de l’agitation qui avait eu lieu contre la manifestation antifasciste organisée le 10 avril dernier, où on voit clairement le dénommé "Joebar" guitariste du groupe Match Retour, ainsi que des saluts nazis lors de cet évènement (très culturel pour le coup) :

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1ere photo : Joebar/2eme photo : salut nazis lors de la même manif

Nous retrouvons, aussi, au premier rang de la manifestation d’extrême droite du 22 octobre, dite "anti-casseur" (anti-grève), Rennaud Mannheim, qui sera amicalement évacué par la police. Rappelons qu’aux abords de cette manifestation, ont eu lieu plusieurs agressions d’enfants d’origines maghrébine, ainsi que l’arrestation de 9 camarades antifascistes présents, alors que les fachos, identitaires, hooligans peuvent manifester librement :

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R.Mannheim encadré

Nous retrouvons à nouveau "Joebar", avec ses amis du Blood and Honour Lugdunum, lors de la manifestation du 9 mai commémorant la mort d’un militant fasciste. Se trouve aussi sur ces photo, le dit "Malko" militant fasciste extrêmement violent, actuellement en prison pour les différentes agressions qu’il a commis. Manifestation traditionnelle de l’extrême droite radicale rassemblant les boneheads ("skinhead" raciste), identitaires de tout poil et autres groupuscules sans envergures :

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"Malko" et "Joebar" à la manif du 9 mai à Paris
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Le groupe "Match Retour" dont Rennaud Mannheim est chanteur et "Joebar", guitariste, a participer au Ian Stuart Memorial Concert qui a eu lieu le 30 octobre 2010, aux côtés d’autres groupes de musique pro nazis comme Libertin (Allemagne) ou Leggitima Offesa (Italie). Concert à la mémoire du fondateur du Blood and Honour et du Combat 18. L’appartenance de ce groupe de rock, et de ses membres, à la mouvance néo nazi, est donc INDISCUTABLE !!! Ce sont les mêmes personnes qui gèrent le Bunker Korps et qui sont au bureau de l’association Rock’n’Gones/Lyon dissident.

A présent que l’existence de ce local, ainsi que son utilisation, sont rendues publiques, différentes actions pour réclamer sa fermeture et la poursuite de ses dirigeants vont être engagées, et nous vous invitons toutes et tous à y participer.

Il est important, à l’heure actuelle, alors que les actions de l’extrême droite montent en flèche, que nous leur barrions la route. Ce genre d’initiative permet à ces nervis de se réunir et de mener collectivement une propagande dangereuse pour toute société humaine. La concentration d’autant d’idées violentes les mènent à mettre en commun leurs efforts par la pratique : les agressions. (voir ici et ici)

Il faut absolument détruire cette initiative qui a durée déjà trop longtemps

PAS DE FASCISTES DANS NOS QUARTIERS, PAS DE QUARTIER POUR LEUR LOCAL !!! Un premier rassemblement est organisé par le collectif vigilance 69 (auquel nous participons) MERCREDI 23 FEVRIER à 18h30 devant la mairie du 7eme (métro Jean Macé)


article issu du blog "les voraces"

lundi 26 janvier 2009

CONTRE LA CRIMINALISATION DE L’ANTIFASCISME

La solidarité est notre arme !



L’antifascisme radical est aujourd’hui dans la ligne de mire de la police : en deux jours, à Paris et en banlieue parisienne, on compte trois cas de mise en garde à vue pour des durées allant de 24 à 36 heures, et deux perquisitions de domiciles avec de forts déploiements policiers.

Le prétexte de cette vague de répression est déjà ancien : ces trois personnes sont soupçonnées d’avoir participé à des actions antifascistes au cours du mois de mai dernier, ayant permis d’empêcher coup sur coup une manifestation où se retrouve la fine fleur des fascistes français et un meeting du groupuscule néofasciste des Identitaires.

Face à ces deux succès consécutifs où l’antifascisme radical parisien a prouvé qu’il était encore capable d’engager et de gagner un rapport de force non seulement avec les fascistes, mais aussi avec l’Etat, celui-ci a donc décidé de réagir - comme il le fait toujours, par l’intimidation et la répression.

Les faits incriminés ne peuvent en rien expliquer ce déploiement de force policier.

Ils sont mineurs (diffusion de tracts, graffitis...), sans commune mesure avec la mise en l’œuvre de lourds moyens policiers (mobilisation de nombreux fonctionnaires, ainsi que de technologies de repérage des téléphones portables et d’Internet).

L’essentiel est ailleurs, comme dans la répression qui s’est abattue sur certains individus mobilisés aux côtés des sans-papiers : recueillir de l’information sur les milieux politisés, donc dangereux du point de vue policier, et intimider les individus engagés pour un changement social radical.

Cette vague de répression s’inscrit dans une politique globale, à l’œuvre dans tous les pays de l’Union européenne, aux Etats-Unis ou en Russie. Une politique de longue haleine à laquelle la droite comme la gauche françaises ont contribué ; une politique sécuritaire, où la moindre différence, sexuelle, culturelle, sociale ou politique, peut devenir a priori suspecte. Les lois sécuritaires qui donnent toujours plus de pouvoir aux forces de répression, l’assimilation absurde de toute lutte sociale à un terrorisme fantasmé qui sert de prétexte au renforcement d’un véritable terrorisme d’Etat, mais aussi les différentes mesures qui accroissent le pouvoir du patronat au détriment de travailleurs précarisés, toutes ces mesures ont le même but : insécuriser la population pour mieux sécuriser l’ordre social capitaliste et étatique. Cet événement nous rappelle que l’antifascisme est une lutte qui se mène sur deux fronts : contre les mouvements d’extrême droite et néofascistes,mais aussi contre l’Etat qui, même s’il n’est pas fasciste, ne s’est jamais privé d’instrumentaliser le fascisme ou d’emprunter ses techniques pour assurer la stabilité de l’ordre social.

Il nous rappelle que l’Etat de droit est, aujourd’hui comme toujours,subordonné à la raison d’Etat, que les promesses du libéralisme valent moins que les intérêts du capitalisme ou la stabilité de l’ordre social et étatique, que la police l’emporte encore et toujours sur la justice.

Face à ces menées répressives, nous appelons à la vigilance et à la solidarité de toutes les organisations et de tous les individus engagés dans la lutte antifasciste radicale, dans le combat pour l’autonomie et pour une alternative sociale radicale, égalitaire et libertaire.

Pas de justice, pas de paix !

Ni prison, ni répression n’arrêteront nos rébellions !

Autonomie pour toutes et tous !

Premiers signataires : SCALP-REFLEX, SRA (Solidarité Résistance Antifasciste), CNT (Confédération Nationale du Travail), CNT 87, Maurice Rajsfus, OLP (Observatoire des Libertés Publiques), AL (Alternative Libertaire), Réseau No Pasaran, Fédération Anarchiste, SCALP 87, Secours Rouge, Les Panthères Roses

dimanche 7 septembre 2008

Les nouveaux fascistes, tournant stratégique et inquiétant.

Voilà maintenant quelques années, qu’une partie de l’extrême droite rompt avec le visage raditionaliste religieux, royaliste de certains partis et mouvements.


C’est sous une nouvelle stratégie plus « gauchisante » que des groupuscules néo-fascistes essayent de se réapproprier l’héritage du monde ouvrier par le révisionnisme, n’hésitant pas à se réclamer «vrais socialistes » à travers des idéologies identitaires comme le nationalisme révolutionnaire, le socialisme national, ou encore en Europe de l’est et du centre une variante s’appelant «national-bolchevisme» (mêlant nazisme et stalinisme).

Voici une analyse pour comprendre pourquoi ces nouveaux courants fascistes apparaissent, et surtout comment les reconnaître, car ces groupes s’implantent très rapidement, ils ciblent une jeunesse

influençable par manque de repères politiques, historiques et économiques en les appâtant dans un mélange subtil d’idées, de pratiques, mêlant socialisme, nationalisme et racisme, reprenant même la symbolique et les drapeaux de groupes de la gauche révolutionnaire et libertaire, afin de semer le trouble dans l’opinion.


LE FASCISME (petit rappel).



Le fascisme, venant de «fascio» (faisceaux), est un mouvement politique d’origine italienne, apparu en 1919 et fondé par Benito Mussolini. Mouvement à but totalitaire, à vocation anti-démocratique et anti-marxiste, le fascisme apparaît comme étant une idéologie de revanche contre les idées libérales des Lumières, promouvant un Etat autoritaire et sécuritaire, l’exaltation du sentiment nationaliste doublé d’une politique réactionnaire et contrôlée par des groupes de pression : les «squadristi» (équipe d’action) ayant pour but de « punir les rouges » (socialistes, communistes, syndicalistes, anarchistes).

Néanmoins, un aspect social est évoqué, en tout cas dans son programme, afin de gagner les masses populaires qui penchent plutôt du côté du socialisme et des idées progressistes.

Le programme des « faisceaux de combat » de 1919 révèle effectivement un aspect socialisant et révolutionnaire comme par exemple le « vote des femmes, la séparation de l’Eglise et de l’Etat ainsi que la saisie de tous les biens religieux, salaire minimum, journée de 8h, désarmement général, gestion des industries publiques par les organisations prolétariennes (syndicats)…Il est d’ailleurs important de dire que Benito Mussolini (ancien militant du parti socialiste italien) s’inspire de l’idéologie du syndicalisme révolutionnaire (CGT en France au début du XX°siècle) pour faire celle du fascisme afin d’appâter le prolétariat à sa cause.

Le vrai visage du fascisme ne se fait pas attendre, la défaite aux élections de 1919 amène les groupements les plus à gauche à se retirer des «fascios». Avec l’évolution du mouvement, nombre des idées du programme sont rejetées, notamment les plus sociales.

Les fascistes, après avoir monopolisés petit à petit le pouvoir, instaurent une dictature étatique nationaliste « Tout dans l’Etat, rien hors de l’Etat et rien contre l’Etat », les partisans de gauche, les syndicalistes, les libertaires, sont les premières cibles, traqués, emprisonnés ou assassinés.


En Europe ce modèle apparaît en Espagne avec le franquisme et en Allemagne avec le nazisme, adoptant quelques évolutions comme l’état ultra-religieux franquiste ou encore la politique raciale et d’anéantissement éthnique chez les nazis.


LE DANGER DU FASCISME


Outre le fait que le fascisme soit une idéologie basée sur l’ordre, maintenue par la loi du plus fort (« revanche de l’instinct »), l’autoritarisme, le nationalisme exacerbé, (et à notre ère racisme, xénophobie…) le fascisme se veut social afin de gagner les masses populaires.

Il a su donc adopter des idées venant du socialisme, du syndicalisme, pour apporter un côté attirant aux classes défavorisées, ce qui en fait un redoutable danger car il est prêt à adopter des idées contraires (qu’il combat et qu’il détruit) afin de prendre le pouvoir avec le plus de légitimité possible, c'est-à-dire l’appui du peuple, en trouvant un bouc émissaire facile à attaquer,comme par exemple l’immigration. Notons que les fascismes prennent toujours une proie facile à avoir, pour faire oublier au peuple sa situation misérable, ou tout simplement faisant croire que sa misère vient de ce bouc émissaire.


Il est intéressant de voir ce que cette accumulation d’idées opposées amène aujourd’hui, l’adaptation d’organisations fascisantes dans notre société contemporaine, répondant aux besoins d’une nouvelle génération influençable, déçue.


ENTRE SEDUCTION ET MANIPULATION



Nous pouvons constater l’émergence et la multiplication de ces organisations profondément racistes, antisémites, homophobes, anti-marxistes qui toute fois jouent sur un programme revendiqué ouvertement « socialiste » de tendance « préférence nationale et européenne ».


Les exemples de cette fusion d’idées contraires grouillent, et en tant que militants antiracistes, antifascistes antisexistes et anticapitalistes il est de notre devoir d’alerter la population contre ces groupes dangereux et fanatiques.


Arrêtons-nous quelques instants sur ces organisations, les plus grosses et les plus populaires de ce milieu (ce qui ne représente encore pas grand-chose).


La Droite Socialiste, «Mouvement nationaliste et social» ouvertement antisémite radical, dénonçant la «Mafia Juive», théorise sur le «danger du métissage et de la diversité ethnique», n’hésitant pas à reprendre pour propagande le slogan de la CNT (syndicat révolutionnaire et libertaire) «Le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève» et remplacer le terme fascisme par sionisme tout en gardant un fond rouge et noir. Contact du NPD (parti néo-nazi allemand) qui prévoit un socialisme national pour ne pas dire national-socialisme, la Droite Socialiste n’a encore que peu de sections dans la France et très peu de militants.

Un exemple d'autocollant qui reprend un slogan de la CNT...


La Gauche Nationale, « Jeune mouvement socialiste français » se base sur les théories d’un socialisme patriotique qui serai issu de la Commune de Paris en 1871, nationaliste et communautaire blanc elle entend défendre la révolution sociale et nationale, un «nationalisme prolétarien». Elle veut structurer l’union des français par un Etat syndical : « Pour nous qui sommes les vrais Socialistes, la Nation est avant tout une unité économique, sociale et politique. C’est pourquoi le Syndicalisme ne doit pas influencer l’État. Il ne doit pas être la remorque de l’Etat, IL DOIT ETRE L’ETAT . » Cette théorie de la Gauche Nationale rejoint le fascisme où celui-ci s’inspire du syndicalisme révolutionnaire. Très proche également du NPD, son sigle directement copié sur ce dernier, on remarque que sur le site internet, les humains apparaissants sur les images de fond sont tous blonds aux yeux bleus... coïncidence ?


Le mouvement NATION, regroupe, ou plutôt coordonne novopress (site d’info nationaliste), Jeune Nation, Renaissance Sociale et un collectif « tout sur les mensonges des antifascistes ». Jeune Nation se situe et lutte notamment en Belgique. Pour la « résistance nationale » ce groupe jeune est sûrement le plus significatif pour ce qui est de la copie, manipulation des masses à l’égard des symboles venant de la gauche révolutionnaire, libertaire et antifasciste : drapeaux rouges et noirs, reprise des logos de l’antifascist action à la sauce identitaire et nationaliste pro blanc, slogans et propagande anticapitaliste, anti-impérialiste, au cri de «Socialisme !», « Europe,
Jeunesse, Révolution !» ils défilent aux côtés des néo-nazis allemands et d’Europe centrale.


Les Jeunesses Identitaires, branche jeunesse du Bloc Identitaire malgré une certaine «indépendance», est le groupuscule français le plus connu dans le milieu nationaliste révolutionnaire. Création en 2002 suite à la dissolution d’Unité Radicale (en raison d’une tentative d’assassinat de Jacques Chirac en public), ils sont présents dans près de 15 villes et départements, élaborent des sections basées sur la reconquête des quartiers face à la «racaille», s’entraînent dans des camps d’été au combat et à l’endurance de situations difficiles. Très suivi par la jeunesse pour un côté radical, nostalgique et de leur bon appât : «stop le racisme anti-blanc», les Jeunesses Identitaires «proposent à tous les jeunes Européens une organisation de combat moderne, adaptée aux défis que le 21ème siècle impose à ceux de notre sang.».






Apparemment les hommes qui peuplent la Terre n’auraient pas le même sang, la même vocation à coexister suivant leur civilisation…



Voici le constat de la situation actuelle. Bien évidement ces groupuscules sont encore très minoritaires, et nous veillons à ce qu’ils le restent, mais n’oublions pas l’ascension du parti d’Hitler, et de tous les fascismes tout aussi groupusculaires, ignorés, avant d’être au pouvoir et d’avoir pignon sur rue. Adoptants une stratégie plus sociale, voulant reprendre l’héritage du monde ouvrier en transformant l’analyse historique de la lutte des classes par la lutte des races, pratiquants le révisionnisme à outrance, nous sommes contraints d’apporter la réponse suivante
de déjà vu dans l’histoire sombre du XX° siècle, devant tant d’influence en peu de temps de la part de ces organisations. Le fascisme se nourrit de la misère et de l’inégalité sociale (crise de
1929, chomâge, avènement d’Hitler en 1933), c’est pourquoi notre combat anticapitaliste d’aujourd’hui est complémentaire du combat antifasciste



texte tiré du blog du scalp87

http://scalp87.over-blog.com/


lundi 5 mai 2008

Quelques z'actu de la loi...

2008

LOI n° 2008-352 du 16 avril 2008 visant à renforcer la coopération transfrontalière, transnationale et interrégionale par la mise en conformité du code général des collectivités territoriales avec le règlement communautaire relatif à un groupement européen de coopération territoriale
LOI n° 2008-351 du 16 avril 2008 relative à la journée de solidarité
LOI n° 2008-337 du 15 avril 2008 ratifiant l'ordonnance n° 2007-613 du 26 avril 2007 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine du médicament
LOI n° 2008-324 du 7 avril 2008 relative à la nationalité des équipages de navires
LOI n° 2008-175 du 26 février 2008 facilitant l'égal accès des femmes et des hommes au mandat de conseiller général (Loi n'appelant pas de décret d'application)
LOI n° 2008-174 du 25 février 2008 relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental
LOI n° 2008-126 du 13 février 2008 relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi
LOI n° 2008-136 du 13 février 2008 relative à la sécurité des manèges, machines et installations pour fêtes foraines ou parcs d'attractions
LOI n° 2008-111 du 8 février 2008 pour le pouvoir d'achat
LOI n° 2008-112 du 8 février 2008 relative aux personnels enseignants de médecine générale
LOI constitutionnelle n° 2008-103 du 4 février 2008 modifiant le titre XV de la Constitution
LOI n° 2008-89 du 30 janvier 2008 relative à la mise en œuvre des dispositions communautaires concernant le statut de la société coopérative européenne et la protection des travailleurs salariés en cas d'insolvabilité de l'employeur
LOI n° 2008-66 du 21 janvier 2008 relative aux tarifs réglementés d'électricité et de gaz naturel (Loi n'appelant pas de décret d'application)
LOI n° 2008-3 du 3 janvier 2008 pour le développement de la concurrence au service des consommateurs
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2007
LOI n° 2007-1824 du 25 décembre 2007 de finances rectificative pour 2007
LOI n° 2007-1822 du 24 décembre 2007 de finances pour 2008
LOI n° 2007-1787 du 20 décembre 2007 relative à la simplification du droit
LOI n° 2007-1786 du 19 décembre 2007 de financement de la sécurité sociale pour 2008
LOI n° 2007-1775 du 17 décembre 2007 permettant la recherche des bénéficiaires des contrats d'assurance sur la vie non réclamés et garantissant les droits des assurés
LOI n° 2007-1774 du 17 décembre 2007 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans les domaines économique et financier
LOI n° 2007-1773 du 17 décembre 2007 relative au parc naturel régional de Camargue (Loi n'appelant pas de décret d'application)
LOI organique n° 2007-1719 du 7 décembre 2007 tendant à renforcer la stabilité des institutions et la transparence de la vie politique en Polynésie française
LOI n° 2007-1720 du 7 décembre 2007 tendant à renforcer la stabilité des institutions et la transparence de la vie politique en Polynésie française (Loi n'appelant pas de décret d'application)
LOI n° 2007-1631 du 20 novembre 2007 relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile
LOI n° 2007-1598 du 13 novembre 2007 relative à la lutte contre la corruption (Loi n'appelant pas de décret d'application)
LOI n° 2007-1545 du 30 octobre 2007 instituant un Contrôleur général des lieux de privation de liberté
LOI n° 2007-1544 du 29 octobre 2007 de lutte contre la contrefaçon
LOI n° 2007-1443 du 9 octobre 2007 portant création d'une délégation parlementaire au renseignement (Loi n'appelant pas de décret d'application)
LOI n° 2007-1224 du 21 août 2007 sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs
LOI n° 2007-1223 du 21 août 2007 en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat
LOI n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités
Loi n° 2007-1198 du 10 août 2007 renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs
LOI n° 2007-1147 du 31 juillet 2007 de règlement du budget de l'année 2006 (Loi n'appelant pas de décret d'application)
LOI n° 2007-309 du 5 mars 2007 relative à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur
LOI n° 2007-308 du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs
LOI n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance
LOI organique n° 2007-287 du 5 mars 2007 relative au recrutement, à la formation et à la responsabilité des magistrats
LOI n° 2007-288 du 5 mars 2007 modifiant les articles 414-8 et 414-9 du code pénal
LOI n° 2007-290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale
LOI n° 2007-291 du 5 mars 2007 tendant à renforcer l'équilibre de la procédure pénale
LOI n° 2007-292 du 5 mars 2007 relative à la Commission nationale consultative des droits de l'homme
LOI n° 2007-294 du 5 mars 2007 relative à la préparation du système de santé à des menaces sanitaires de grande ampleur
LOI n° 2007-293 du 5 mars 2007 réformant la protection de l'enfance
LOI n° 2007-289 du 5 mars 2007 portant modifications du code de justice militaire et du code de la défense
LOI n° 2007-254 du 27 février 2007 relative aux règles d'urbanisme applicables dans le périmètre de l'opération d'intérêt national de La Défense et portant création d'un établissement public de gestion du quartier d'affaires de La Défense
LOI n° 2007-246 du 26 février 2007 relative aux modalités de dissolution de la mutuelle dénommée Société nationale « Les Médaillés militaires »
LOI n° 2007-248 du 26 février 2007 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine du médicament
LOI constitutionnelle n° 2007-237 du 23 février 2007 modifiant l'article 77 de la Constitution
LOI constitutionnelle n° 2007-238 du 23 février 2007 portant modification du titre IX de la Constitution
LOI constitutionnelle n° 2007-239 du 23 février 2007 relative à l'interdiction de la peine de mort
LOI organique n° 2007-223 du 21 février 2007 portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives à l'outre-mer
LOI n° 2007-224 du 21 février 2007 portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives à l'outre-mer
LOI n° 2007-212 du 20 février 2007 portant diverses dispositions intéressant la Banque de France
LOI n° 2007-211 du 19 février 2007 instituant la fiducie
LOI n° 2007-210 du 19 février 2007 portant réforme de l'assurance de protection juridique
LOI n° 2007-209 du 19 février 2007 relative à la fonction publique territoriale
LOI n° 2007-147 du 2 février 2007 relative à l'action extérieure des collectivités territoriales et de leurs groupements
LOI n° 2007-148 du 2 février 2007 de modernisation de la fonction publique
LOI n° 2007-131 du 31 janvier 2007 relative à l'accès au crédit des personnes présentant un risque aggravé de santé
LOI n° 2007-130 du 31 janvier 2007 de modernisation du dialogue social
LOI n° 2007-128 du 31 janvier 2007 tendant à promouvoir l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives